Florentine : le quartier branché de Tel Aviv

Les origines du quartier

Le quartier de Florentin est un vieux quartier de Tel-Aviv construit à la fin des années 20 dans une zone bordant Neve Tzedek et Ahuzat Baït et proche de la ligne ferroviaire reliant Jaffa à Jérusalem. Il doit son nom à Solomon Florentin, un entrepreneur d'origine grecque qui a dirigé l'entreprise "Salonique Palestine Investment Company". C'est cette compagnie qui a acheté le terrain pour fonder le quartier en 1927. La création de cette société d'investissement est un exemple de la manière dont les diasporas juives ont joué un rôle actif dans le développement du Foyer national juif. En mettant leurs ressources en commun, ils ont permis de financer des projets d'infrastructure et de construction qui ont façonné le paysage urbain de Tel-Aviv.

Un quartier qui rappelle le Tel-Aviv des années 60

Comparé à ses voisins, et notamment à Neve Tzedek qui est devenu l'un des quartiers les plus chics et recherchés de Tel-Aviv suite à une réhabilitation réussie, Florentine fait figure de parent pauvre. Le processus de rénovation y est plus lent et laborieux, et de nombreux bâtiments délabrés attendent encore d'être restaurés. Cependant, c'est précisément ce qui fait l'intérêt du quartier. Florentine offre un aperçu rare du Tel-Aviv des années 50 et 60. Se promener dans ses rues, c'est remonter le temps et découvrir l'atmosphère d'une époque révolue, bien loin des constructions modernes qui dominent une grande partie de la ville aujourd'hui.

On peut diviser le quartier de Florentine en deux sections distinctes.

1. Le Quartier du Marché Levinsky

La première partie, qui s'articule autour du marché Levinsky, est le cœur de la vie quotidienne pour les jeunes adultes. Les loyers y sont plus abordables, ce qui en fait un lieu de vie privilégié pour les vingtenaires, tandis que les trentenaires avec enfants préfèrent s'installer plus au nord. Tout autour du marché se dresse une zone industrielle et commerciale faite d’ateliers de fabrication (certaines rues ont des spécialités comme les meubles dans la rue Herzl, les luminaires dans la rue Wolfson, des articles ménagers dans la rue Matalon, des bijoux de fantaisie dans la rue Kfar Giladi, etc.), des magasins désuets, et, gentrification oblige, de nombreux nouveaux spots plus trendy : bars, restaurants et galeries d’art. La rue Vital est animée en soirée.

Nous vous proposons une balade qui passe parmi les principaux lieux d'intérêt du quartier: le Musée Lehi, les galeries d'art Michaelson Applied Art Gallery et Under1000, Contemporary Art Space et enfin Azul Gallery. Le parcours se termine au marché Levinsky. Et pour les bons restaurants dans le coin, suivez les conseils du Haaretz.

Le marché Levinsky

Ce marché est connu et reconnu comme un marché aux épices. C'est surtout l'épicentre de ce qui reste du quartier grec d'origine: quelques échoppes fondées entre 1920 et 1960 qui proposent des spécialités sépharades.

Lisez notre article sur le maché Levinsky

Musée Lehi

Le musée Lehi se trouve dans la maison d’Avraham Stern. Il fait référence au chef du groupe Lehi, une organisation paramilitaire radicale controversée ayant gagné ses lettres de noblesse au cours du mandat britannique. L’histoire de ce groupe paramilitaire est important car elle permet de comprendre que le mouvement sioniste est protéiforme et que cela a irrigué la société israélienne jusqu’à ce jour. Ainsi, le successeur d'Avraham Stern, finalement abattu par l'armée britannique, est un certain Itzhak Shamir qui devient Premier Ministre d'Israël entre 1986 et 1992.

2. Kiryat Hamelacha : Le cœur battant et créatif du sud de Tel-Aviv

La seconde partie de Florentine se trouve à son extrême sud et jouxte le quartier de Shapira. S'y aventurer est une expérience en soi. Ici, l'urbanisme n'est pas fait de constructions modernes, comme c'est souvent le cas à Tel-Aviv, mais d'un enchaînement ininterrompu de bâtiments anciens datant des années 50 et 60, qui mériteraient de sérieuses rénovations. Les rues elles-mêmes peuvent paraître défraîchies et peu accueillantes.

Cependant, au bout de ce chemin se trouve une éclaircie : le quartier de Kiryat Hamelacha, qui apporte une touche de lumière à cette zone.

Ce quartier était à l'origine une zone industrielle et ouvrière, caractérisée par des entrepôts, des ateliers et des usines de faible hauteur. Ce qui le rend unique aujourd'hui, c'est sa métamorphose : Il est devenu en quelques années le Soho de la ville:

  • Un hub artistique et culturel : Les anciens hangars et ateliers ont été progressivement investis par des artistes, des designers, des photographes et des galeries d'art. Le quartier est devenu un véritable musée à ciel ouvert avec du street art vibrant et en constante évolution sur presque chaque mur. Vous y trouverez de nombreuses galeries d'art indépendantes présentant des œuvres contemporaines, souvent avant-gardistes.  N’hésitez pas à entrer dans la gallerie Art Space Tel-Aviv pour y découvrir des artistes israéliens en devenir.
  • Le centre culturel Hameretz2 est au cœur de la vie artistique du quartier. Il propose des pièces de théâtre et des projections de films, offrant une programmation variée pour tous les goûts.
  • Juste à côté, vous trouverez une salle de concert dédiée à la musique classique. Écouter de la musique classique dans un quartier à l'esprit rebelle peut sembler paradoxal, mais c'est justement ce qui en fait le charme. Ce contraste inattendu offre une expérience unique, où l'élégance de la musique classique rencontre le dynamisme créatif de la rue.
  • La scène nocturne : Quand le soleil se couche, Kiryat Hamelacha s'anime d'une autre manière. Ses rues discrètes abritent certaines des boîtes de nuit les plus branchées et des bars alternatifs de la ville. L'ambiance y est souvent underground et électrisante, loin des clubs plus mainstream du centre. Pour les amateurs de raves industrielles, c’est ici que cela se passe.

Quant à la scène culinaire du quartier, elle tourne principalement autour de trois établissements :

  • Le torréfacteur Coffelab. Les grains viennent de petits producteurs d’Ethiopie. Il est possible de déguster dans le bar un café filtre, ce qui est assez rare à Tel-Aviv qui reste plutôt branchée sur les machines expressos. La preuve que Kiryat Hamelacha est bien le quartier le plus branché de Tel-Aviv.
  • Le restaurant végétarien Al Rampa dont la terrasse donne sur le quartier. La carte y est très originale et l’ambiance assez festive (des musiciens sont souvent invités à venir se produire au restaurant).
  • Et comment ne pas mentionner le restaurant alternatif Joz Ve Loz : les propriétaires ont supprimé la carte (le menu change donc tous les jours) et laissent chaque client décider du montant qu’il paiera en fin de repas. Il ne faut donc pas s’étonner si le restaurant est toujours plein à craquer.

En quelques années, le quartier de Florentine est devenu une destination tendance et incontournable à Tel-Aviv. Cette popularité a inspiré de nombreux guides touristiques, qui proposent notamment des parcours dédiés au street art. Cependant, cette effervescence touristique n'est pas du goût de tous. Le journal Haaretz a notamment publié un article très critique, déplorant l'impact des "touristes américains" qui, selon l'auteur, dénaturent l'esprit originellement ouvrier du quartier. Ce phénomène soulève la question de l'équilibre entre la mise en valeur d'un quartier et la préservation de son identité authentique.

Malgré sa popularité croissante, Kiryat Hamelacha a su garder un certain côté brut et authentique, loin du clinquant d'autres quartiers de Tel-Aviv. Le mélange d'anciennes infrastructures industrielles et de nouvelles expressions artistiques crée une atmosphère unique.

Si vous êtes à Tel-Aviv et que vous recherchez une expérience qui sort des sentiers battus, que vous aimez l'art de rue, la vie nocturne alternative et les lieux qui racontent une histoire de transformation, Kiryat Hamelacha est absolument à explorer !

Le saviez-vous? Le mini-scandale du T-shirt Trumpeldor

Joseph Trumpeldor, un héros israélien mort au combat en 1920, avait perdu un bras sur le champ de bataille. Il était facilement reconnaissable par cette caractéristique. Un scandale a éclaté il y a quelques années de cela quand une chaîne de vêtements a sorti un débardeur « Trumpeldor » sans bretelle à l'épaule gauche. La marque s'est excusée et a retiré le vêtement.

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