Les Croisés à Saint-Jean d’Acre

Imaginez-vous au cœur du Moyen Âge, à une époque où l’Europe chrétienne se lance dans de vastes expéditions militaires : les Croisades. Entre le VIIIᵉ et le XIIIᵉ siècle, des armées de chevaliers quittent leurs terres européennes pour reconquérir les lieux saints, arrachés aux musulmans. Parmi eux, un nom résonne encore : Godefroy de Bouillon. À la tête de ses chevaliers, il franchit mers et déserts pour atteindre Jérusalem et s’en emparer.

Le royaume de Jérusalem fut ainsi fondé en 1099 après la première croisade et la conquête de la Terre sainte. Jérusalem devint la capitale du royaume, et Saint-Jean-d'Acre devint par la suite la ville portuaire et la porte principale de la Terre sainte. Après la bataille de Hattin en 1187 et la défaite de l'armée croisée, le royaume fut conquis par Salah ad-Din, à la tête des armées musulmanes. Il régna sur Jérusalem et Saint-Jean-d'Acre pendant environ quatre ans. En 1191, après un siège de deux ans, le roi Richard Cœur de Lion, à la tête des armées chrétiennes, reprit Saint-Jean-d'Acre. Au cours de ce voyage, qui devint la troisième croisade, les chrétiens ne parvinrent pas à libérer Jérusalem et établirent leur nouveau royaume le long du littoral entre Tyr et Ashkelon. Saint-Jean-d'Acre, deuxième ville la plus importante du royaume croisé, devint la capitale du second royaume.

Ce sont les Mamelouks qui metteront un terme à la présence des Croisés en Terre Sainte. Après des combats intenses, ils chassent les chrétiens de la région au XIIIème siècle et intègrent la ville dans leur califat. Et pour empêcher toute tentative de reconquête, les Mamelouks rasent la ville. Pendant la majeure partie de leur règne, Akko est restée un port en ruine, à l’abandon.

Les trois grands ordres de Saint-Jean d'Acre

Les chevaliers croisés n'étaient pas de simples soldats. C'étaient des hommes de foi, souvent issus de la noblesse, prêts à tout pour défendre le christianisme, obtenir le pardon de leurs péchés… et parfois conquérir gloire et richesses. Mais derrière cette ferveur religieuse se cachait une organisation redoutable : les ordres militaires et religieux.

Trois grands ordres s’installèrent à Acre, véritables moines-soldats :

  • Les Hospitaliers étaient un ordre monastique militaire dédié aux soins des malades en Terre Sainte et à la sécurité des pèlerins qui affluaient vers les lieux saints. Leur emblème ? La croix blanche à huit pointes, symbole de pureté et de service. À Acre, leur quartier est une véritable forteresse : salles voûtées, souterrains, citernes, hôpital monumental. Aujourd’hui, les Salles des Chevaliers témoignent encore de leur grandeur.
  • Les Templiers, vêtus de blanc frappé d’une croix rouge, étaient les gardiens des routes, des trésors et des secrets. Leur forteresse à Acre dominait la mer, reliée au port par un tunnel secret.
  • Les Teutoniques, moins connus que les deux autres, n’en étaient pas moins redoutables. Nés dans les terres germaniques, ils apportent à Acre leur discipline et leur rigueur militaire. Leur mission : défendre les pèlerins et les territoires chrétiens, mais aussi affirmer la puissance germanique en Orient. des terres germaniques, disciplinés et stratèges. Leur croix noire sur fond blanc inspirait la crainte.

Chacun érigea son quartier fortifié, ses murailles, ses salles voûtées. Aujourd’hui encore, leurs traces sont visibles : les souterrains des Hospitaliers, les vastes salles des  Chevaliers, les forteresses qui dominaient la ville. De nombreux édifices ont été détruits par les Mamelouks puis ensevelis sous la nouvelle ville créé par les Ottomans. Mais des fouilles archéologiques par les autorités israéliennes les ont révélés.

Ces pierres racontent une histoire : celle d’une époque où la foi, la guerre et la quête d’aventure se mêlaient dans un même souffle. Acre, véritable carrefour des Croisades, garde encore la signature des chrétiens gravée dans ses murs.

L’Ordre des Templiers : entre Histoire et Mystère

Parmi les trois grands ordres des Croisades, les Templiers sont sans doute les plus fascinants. Leur nom résonne encore comme une énigme, enveloppée de secrets et de légendes.

On raconte qu’avant leur chute, ils auraient dissimulé un trésor colossal, à jamais perdu. Mais ce n’est pas tout : certaines histoires murmurent qu’ils auraient découvert – ou protégé – l’un des objets les plus sacrés de la chrétienté : le Saint Graal, la coupe utilisée par Jésus lors de la Cène. Était-ce un simple mythe ou une vérité soigneusement cachée ?

Ces récits, transmis à travers les siècles, ont nourri l’imaginaire collectif. Des films comme Indiana Jones aux romans tels que Da Vinci Code, en passant par les univers vidéoludiques comme Assassin’s Creed, tous ont contribué à entretenir le mystère.

Aujourd’hui encore, la question demeure : les Templiers étaient-ils de simples moines-soldats… ou les gardiens d’un secret capable de changer l’Histoire ?

Histoire de la ville de Akko

Aux origines de Akko

La vieille ville d'Akko, tout comme celle de Jaffa, possède une histoire qui s'étend sur plusieurs millénaires. Déjà mentionnée dans des textes bibliques, elle a vu son nom évoluer au fil des époques. Aujourd'hui, elle est connue sous le nom d'Akko en hébreu, Akka en arabe et Acre en français. Durant les croisades, elle était nommée Saint-Jean d'Acre, et dans l'Antiquité, on l'appelait Ptolémaïs.

Deux époques, une seule ville

Acre est un véritable musée à ciel ouvert. Chaque civilisation qui l'a occupée a laissé son empreinte, créant un mélange impressionnant de styles et de cultures.

Dans son histoire millénaire, Acre a été façonnée par deux périodes majeures : l'ère des Croisades et la période ottomane. La vieille ville que l'on voit aujourd'hui, avec ses fortifications et ses bâtiments des XVIIIe et XIXe siècles, est un héritage ottoman. Cependant, elle est construite sur les ruines de l'ancienne cité des Croisés.

La période des Croisades

Pendant les Croisades, les armées chrétiennes partent à la conquête de la Terre Sainte pour contester la domination musulmane, plongeant la région dans une période de chaos et de conflits qui s'étend sur deux siècles.

Après la prise de Jérusalem en 1099 par Godefroid le Bouillon - dont la statue orne la place royale à Bruxelles-, la ville d’Acre est rebaptisée Saint-Jean d’Acre. Elle se retrouve au cœur de luttes entre chrétiens et musulmans, changeant de mains à de multiples reprises. Elle est notamment reprise par Saladin après la bataille de Hattin en 1187, puis reconquise peu de temps après par le roi Richard Cœur de Lion.

Pour aller plus loins, lire notre article: les Croisés à Saint-Jean d'Acre

La destruction de Akko par les Mamelouks

Ce sont les Mamelouks qui mettent un terme à la présence des Croisés en Terre Sainte. Après des combats intenses, ils chassent les chrétiens de la région au XIIIème siècle et intègrent la ville dans leur califat. Et pour empêcher toute tentative de reconquête, les Mamelouks rasent la ville. Pendant la majeure partie de leur règne, Akko est restée un port en ruine, à l’abandon.

L’histoire de la ville de Akko est donc fort similaire à celle de Jaffa.

L'influence ottomane (1515 - 1917)

C’est sur les ruines datant de l’époque des Croisés que les ottomans vont reconstruire et refaçonner la ville à leur image : une ville entourée de fortification avec à l’intérieur un dédalle de ruelles étroites, de places, d’élégants bâtiments publics et résidentiels. C’est la signature de l’époque ottomane.

C'est pendant la présence ottomane qu'Akko a vu la construction de plusieurs édifices emblématiques: la mosquée El-Djezzardes, les bains turcs, etc. Et c'est aussi ici et à cette époque que la campagne d'Egypte et de Syrie lancée par Napoléon va se terminer brutalement.

L’arrivée des Juifs européens au XXe siècle

Il y a bien évidemment des traces juives à la fois anciennes et contemporaines. La ville de Akko est mentionnée dans l’ancien testament. Une toute petite communauté juive existait également du temps des Croisés. La trace de son passage est la synagogue Ramchal au milie de la vieille ville.

Mais c'est l'arrivée massive des Juifs européens dans la région à partir du début du XXème siècle qui va boulverser la démographie de Akko. Pendant la guerre israélo-arabe de 1948, la ville est prise d'assault par les forces israéliennes. Une partie importante de sa population arabe fuit ou est expulsée, tandis que de nouveaux habitants, principalement juifs, s'y installent.

Au départ en majorité musulmane, la ville devient majoritairement juive après 1948.

Et aujourd’hui?

Akko est une ville dite mixte. La vieille ville, majoritairement arabe, cohabite avec des quartiers plus récents peuplés de Juifs. Cette coexistence est forcée et donc régulièrement mise à l'épreuve par des tensions et des émeutes, comme celles de 2008 et 2021.

Israël a bien compris ce que Saint Jean d’Acre représentait dans l’imaginaire chrétien. De nombreux travaux de restauration ont été entrepris, en particulier sur les bâtiments de l’époque des Croisés et la Citadelle est désormais inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce qui a renforcé son statut de destination touristique majeure, et un lieu de passage obligé des touristes chrétiens visitant la Terre Saine.

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